Épisode 1 : Le début du chemin qui m’a amenée à mon métier aujourd’hui
Est-ce que mon parcours vers le textile et le travail de la laine a débuté lorsque j’ai appris à tricoter, enfant (et à tisser, à faire du macramé, des bracelets brésiliens…) ? Ou plus tôt en voyant ma mère et ma grand-mère tricoter et en portant fièrement les fruits de leur travail ? Ou encore avant ma naissance, par mon arrière grand-père ferronnier qui entretenait les métiers à tisser des canuts (les tisserands lyonnais) ?
Il y a sûrement un peu de tout ça, mais j’aime me dire que tout a commencé en février 2013, par une chute dans l’escalier… qui a été le début de ma chute dans la laine !

Fracture du pied, intervention chirurgicale et immobilisation : je décide assez rapidement que je vais occuper ces 2 mois de repos forcé en me remettant au tricot, que j’avais abandonné peu de temps après avoir appris enfant.
Je me fais conduire dans une enseigne de « laine » bien connue, j’achète du fil et un modèle, je cherche des tutos pour retrouver les bases et c’est parti. On ne m’arrête plus, je tricote pour les bébés et les enfants autour de moi, pour mon entourage, un petit peu pour moi…
Puis je commence à me demander d’où vient la « laine » que je tricote, et où va la laine des moutons que je vois pâturer près de chez moi ? Les éleveureuses d’ovins que j’interroge n’en savent rien, et les étiquettes sur mes fils à tricoter ne donnent aucune information sur leur origine.
Au passage je vois qu’ils contiennent une proportion non négligeable de pétrole (oui les fibres synthétiques comme l’acrylique ou le polyester sont synthétisées principalement à partir d’hydrocarbures).
Je commence à chercher des fils à tricoter 100% pure laine et je m’aperçois que les grandes enseignes n’en proposent pas ou très peu, sans parler de laines locales !


L’année suivante je fais connaissance sur un salon avec Lucienne et Bev Osborne, tisserands et fondateurices de la 1ère (à ma connaissance) marque de fils à tricoter en laines bretonnes,les Toisons Bretonnes. C’est mon premier contact avec la filière laine française, je découvre qu’il est possible de tricoter local et de qualité, un monde s’ouvre à moi !
Le problème de mon cerveau ultra-curieux, c’est que lorsqu’il commence à s’intéresser à un sujet, il veut tout comprendre, tout savoir jusqu’au moindre petit détail. Cette rencontre m’a apporté beaucoup d’informations mais a créé encore plus de questions : Quelles laines sont bonnes à faire du fil ? Comment fonctionne une filature ? Comment file t-on à la main ? Pourquoi certaines laines grattent elles plus que d’autres ? Quelles sont les étapes de transformation de la laine avant l’étape de filature ? … ?
Vous voyez où je veux en venir ? Je me suis faite happer par cet univers de façon inéluctable, un peu comme une chute dans l’escalier où on se voit tomber sans rien pouvoir y faire (à la différence notable que c’était volontaire et beaucoup plus agréable 😂).
C’est une histoire beaucoup trop longue pour être racontée d’une seule traite (et je ne sais vraiment pas être synthétique mais « ça tombe bien on n’aime pas le synthétique » m’a répondu un jour une amie lainière).
Je vous donne donc rendez-vous dans les prochaines newsletters pour découvrir la suite de mon chemin plein de rebondissements (mais plus de mauvaises chutes).